Relation D/s : sexe ou pas sexe ?

12/07/2011 in Manifeste

Voilà une question qui traverse régulièrement nos conversations, nos soirées, nos rassemblements…

La relation de Domination/soumission est-elle une relation sexuelle ? Le sexe est-il l’aboutissement nécessaire de nos relations ? Nos pratiques ne sont-elles que des préliminaires à la pénétration ? Une soumise doit-elle accepter n’importe quelle relation sexuelle ?

On voit dans notre Communauté un éventail surprenant d’avis à ce sujet allant du « no sex » jusqu’à la fameuse soumission exclusivement sexuelle…

Bien sûr, je ne veux pas (et ne peux pas) trancher de façon définitive sur un sujet vieux comme le monde. Je respecte l’avis de chacun à ce sujet. Mais je voudrais néanmoins proposer un certain nombre d’axes de réflexion, et vous proposer ma propre approche de ce problème :

Donc, à mon avis, la relation de Domination/soumission est non seulement une relation sexuelle, mais c’est même une relation amoureuse :

En effet, l’amour est régulièrement décrit comme un cocktail d’altruisme, de respect et d’admiration mutuelle, et de libido. Que serait une relation D/s, si ces ingrédients n’y étaient pas ? Pour la soumise, c’est l’évidence : elle veut tout donner à son Maître, elle le respecte et elle l’admire. Mais pour le Maître, c’est également une réalité : Altruiste, il donne son temps sans compter et veille sur sa soumise avec bienveillance. Respectueux, il sera attentif aux vrais désirs de sa soumise et ne tentera pas d’outrepasser ses limites. Admiratif, il sait l’importance incomparable du don de soi de sa soumise.

Bien sûr, aujourd’hui nombreux sont ceux qui ne veulent pas parler d’amour : Pudeur ou peur de l’engagement, ils parleront de « jeu de rôle » ou de « jeux » tout simplement.

C’est une relation qui unit étroitement deux personnes qui se complètent.

La soumise utilise sa soumission pour faire comprendre à son Maître que son don d’elle même est absolu et sans limite (romantiquement, jusqu’à la mort…)

Le Maître accepte ce don improbable, et prouve d’une part qu’il l’accepte en mettant sa soumise à l’épreuve et d’autre part montre qu’il a compris l’importance de ce don en le sublimant.

On pourrait penser que cette vision de la relation D/s est claire. Cependant, peut-être pour de multiples raisons, on peut constater de nombreuses interprétations très différentes.

Ce qui a causé beaucoup d’incompréhension, c’est que, très souvent, pour prouver et pour éprouver ce don, le Maître peut souhaiter prêter sexuellement sa soumise. En effet, quoi de plus intime, quel sacrifice plus paradoxal, et plus grand ? Et, n’est-ce pas la preuve ultime qu’on possède une soumise que d’être en mesure de la prêter ? On ne prête que ce que l’on possède…

Vu de l’extérieur, on peut se dire : Une soumise, est une échangiste qui se voit imposer un partenaire… Quelle aubaine pour ceux qui d’ordinaire, ne sont jamais choisis !!! Et bien sûr, on est toujours très content de croire ce qui arrange !!!

De même certains peuvent croire que les soumises sont des filles « faciles », puisqu’à priori, elles acceptent tout et n’importe quoi !!!

Cependant, mon opinion est que ce ne sont vraiment que des apparences trompeuses. La relation reste et demeure une relation à deux, même avec des partenaires multiples. Et ces expériences ne sont que des exceptions rarissimes, des étapes à franchir pour la soumise, et en aucun cas une façon de vivre.

Quand à l’opinion qu’elles seraient « faciles », vous savez tous que c’est l’un des clichés les plus stupides qu’on peut entendre : Elles peuvent éventuellement être « faciles » mais uniquement avec leur Maître, et au prix de combien de difficultés préalables !!!!!

Si nous laissons courir ces opinions ridicules, c’est d’une part parce que c’est assez flatteur pour le Maître qui apparaît comme une sorte de surhomme, et que d’autre part, nous ne souhaitons pas vraiment briser le mythe et le rêve.

Mais ici, nous sommes entre nous, et nous savons ce qu’il en est !

Nous savons que nos soumises aiment expérimenter et se surpasser, parce qu’elles constatent que leurs sensations sont importantes pour nous, et qu’elles nous font confiance.

Qu’elles soient fanatiques ou non de pénétration, elles savent que nous sommes attentifs à leurs désirs, et que nous ne faisons pas passer les nôtres en priorité à tout prix.

Elles accordent une très grande importance à nos pratiques parce qu’elles sont des preuves à leurs yeux, de notre constant intérêt vis à vis de leur plaisir.

Enfin, nous sommes bien placés pour savoir qu’elles n’acceptent pas tout et n’importe quoi, parce qu’elles sont tellement précieuses à nos yeux que nous ne voulons pas risquer notre relation pour le plaisir d’une expérience improvisée…

En résumé, la relation D/s est une relation entre deux personnes exclusivement, malgré les apparences. C’est une relation complexe et symétrique. C’est une relation qui est tellement riche que toutes les pratiques qui y participent, ont une importance égale, et peuvent être satisfaisantes en soi. C’est en fait, à mes yeux, avec les bébés, ce qu’on fait de mieux entre un homme et une femme !

Il s’agit bien d’une relation sexuelle, et qui plus est, c’est celle qui laisse la plus grande place à l’Amour avec un grand A. Et on commet systématiquement une erreur fondamentale à chaque fois qu’on essaie de réduire cette relation à l’une ou à plusieurs des pratiques qu’elle emprunte.

18 responses to Relation D/s : sexe ou pas sexe ?

  1. Les anglo-saxons résument la chose parfaitement bien en une seule phrase très courte :

    « It’s NOT about Sex. It’s about Power… »

  2. Bonsoir,

    Je me permet d’exposer à mon tour mon avis sur cette thématique.
    Récent sur le site, ce post et ses commentaires associés m’interpelle. C’est un sujet qui est très controversé depuis longtemps.

    Chacun à son axe de pensées concernant la sexualité dans une relation D/s. Le/la soumis(e) offre son coeur, son âme mais aussi son corps à son Dominant. Au fur et à mesure de la relation D/s, les attentes de l’un et de l’autre évoluent. La complicité peut se rapprocher à un point tel que le désire charnel s’en fait ressentir d’un côté ou de l’autre. Chacun est humain.

    La sexualité D/s n’est pas une fin en soit et il est vrai que beaucoup détourne cette relation.
    Mais au vu de l’évolution de la relation, ne peut elle pas devenir une attente ? Libre ensuite au Dominant de disposer selon ses propres attentes, mais si au finale les attentes sont communes..

    Et apporte peut être la continuité du bonheur d’une relation D/s. Qui est normalement si je ne m’abuse, la quête commune des pratiquants de cette philosophie.

  3. D/s sexe ou pas sexe ?
    voilà en effet une question qui fait couler beaucoup d’encre depuis fort longtemps.
    Il me semble même que cette question prend un tournant nouveau depuis que le bdsm s’étend en pratiques dans de nombreux milieux, dont évidement le milieu échangiste ou libertin ou swing.
    Il me semble qu’il y a une bonne décennie le bdsm était plus *puriste* (sans être rigoriste dans ce mot là, simplement je n’en trouve point d’autre) et sans doute aussi un brin plus rhétorique. La question se posait moins et les dérives d’abus étaient moins nombreuses.
    Sans doute la *facilité* d’internet et par là même une partie de la propagation de la *mode bdsm* y est elle pour quelque chose.

    Ceci dit :
    La relation de Domination/soumission est-elle une relation sexuelle ?
    Je dirais *oui*, bien évidement, tout simplement car *jouer* du et avec le corps de l’autre EST forcément un acte (action) sexuel, même si cela n’aboutit pas à une relation sexuelle.

    Le sexe est-il l’aboutissement nécessaire de nos relations ?
    Pour moi, non,pas forcément, il m’est arrivé d’avoir des relations bdsm très fortes et très complices avec un soumis sans que cette relation soit intimement bouclée par du sexe. Tout dépend je pense des attentes mutuelles de départ et des aspirations des deux. Je pense qu’on peut très bien vivre une relation D/s très belle , très forte et sans sexualité classique. D’ailleurs nous connaissons a peu près tous autour de nous des couples D/s ayant une vie extérieure *classique* qui interdit autre chose qu’une relation D/s qualifiée de *pire et dure*.
    Reléguer nos pratiques à de *simples* préliminaires à la pénétration serait oublier tout le côté mental enrichissant de la D/s.
    Certains excellent d’ailleurs dans une relation D/s uniquement mentale.

    Une soumise doit-elle accepter n’importe quelle relation sexuelle ?
    Je ne pense pas, tout comme un soumis d’ailleurs.
    Il me semble que la frontière entre l’abus et l’élévation de l’autre par le don de soi total est parfois ultra mince, ce qui apporte des dérapages chez des soumises brain-washées et abusées, j’en ai assez rencontré pour pouvoir helas le dire.
    Ne faut il pas en tant que Maître/sse toujours avoir en premier souci l’intégrité de l’autre, son élévation et son avancée vers un bien être moral qui devrait toujours primer.
    Ne faut il pas se poser souvent la question qui est : si demain notre relation s’arrête mon/ma soumis/e serait elle/il grandit, capable de vivre en prenant des décisions, se sentira-elle/il positivé ou totalement réduit à l’état d’objet sans âme et sans réflexion.
    Je pense que tant que l’on se pose les bonnes questions en son fort intérieur la route est positive.
    Après, il est évident que chaque soumis/e, chaque Maître/sse, chaque couple D/s a son mode de fonctionnement.
    Et même *sourire*, si la question est la même poir Dominant que Domina, le *problème* est quelque peu différent puisque dans l’imagerie galvaudée le Maître use de sa soumise comme bon lui semble, sexuellement inclus alors que la Maîtresse, elle , use du dénis de sexualité de son soumis.

    Il me semble, que en D/s comme en tout, l’abus de l’un comme de l’autre n’est ni naturel ni positif.
    La sexualité est une part de nous même aussi importante à notre vie que tout le reste, mental compris. En faire un outil principal ou en faire un outil dénié total c’est nier l’ensemble de ce que nous sommes.
    Donc, pour moi une soumise uniquement objet sexuel total sera une personne dénaturée en bout de course, tout comme un soumis à la sexualité déniée totalement sera un homme dénaturé.
    Si on veut faire grandir l’autre on doit veiller à son équilibre , je pense qu’un bout de réponse doit se trouver dans cette phrase là.

    Et en effet, je pense aussi que si on veut faire grandir l’autre c’est tout simplement parce qu’on l’aime, quel que soit l’implication que le met au mot *amour*
    Voilà mon petit avis, mais il est vrai qu’il y a beaucoup beaucoup à débattre.

  4. je penses aussi que l’acte sexuelle,n’est pas indispensable ,pas le motif en tout cas, pour moi soumettre femme serait avec douceur ,progresser ensemble ,si débutante surtout, certes la domination serait humiliation, soumission petite punition , en accord préalable ,je penses que le doute dois être présent ,le plaisir de la soumise est je penses a se prix si je puis dire ,l’art consiste ,a mettre la soumise en confiance , »trouble » tout peu basculer , a elle d’en demander plus , sans paroles sans signe que parle son corps peut être que je me trompe ,a vous soumises de bien vouloir me dire se que vous en pensez? tendrement

  5. yann said on 20/07/2011

    soumission = obéissance = don de soi, j’ai par curiosité, regardé les profils des membres, c’est du 50/50, en ce qui me concerne, il faut d’abord une affinité pour passer a l’acte. Par contre, je suis pour la soumission sexuelle, surtout si la dominée est physiquement a mon gout, eh oui, j’ai un léger faible pour les belles femmes

    yann

  6. Bonjour
    Je suis tout à fait d’accord avec vous Gadiouka. Et que rajouter à ce que vous exprimez ? Tout est dit… à mon humble avis.
    Chez moi, je ne sais qui « commande » qui, de mon esprit ou de mon corps, si l’un stimule ou influe sur l’autre et/ou réciproquement, mais j’ai l’intime ressenti que les deux sont « liés » :), donc indissociables, que c’est un TOUT :).
    Comme une osmose, partagée ou égoïstement vécue suivant le moment, la relation et/ou le(s) participant(s).
    Vive le BDSM, Vive le Charnel, Vive la Sensualité et tutti quanti…
    Loulette

  7. Merci pour votre réponse!

    Evidemment, je suis d’accord sur le premier point que vous énoncez. Se servir du BDSM comme d’un vulgaire moyen pour baiser, je trouve ça nul et sans intérêt. Comme partout, il y a des déviances et des excès, à nous de les déceler. Mais il faut reconnaitre que c’est un vieux débat que de savoir si, oui ou non, le BDSM est de caractère sexuel… Sans même parler des déviances ( car il peut y avoir des déviances dans le BDSM autres que sexuelles : négligence physique etc).

    Sur cette question, vous connaissez ma position et je pense qu’effectivement, le BDSM est indissociable de la chair ( « il n’y a pas plus grand empire que celui des sens sur l’âme ») et que certaines émotions que nous croyons purement cérébrales, sont en fait liée à notre bas-ventre. Je souligne au passage que cela n’a rien de péjoratif ou de mauvais…. J’ai parfois l’impression que certaines formes de BDSM rejettent la valeur du corps au profit d’une cérébralité absolue comme dans les grandes religions monothéistes où l’on se flagelle pour élever son esprit. Ma vision du BDSM est sexuelle dans la mesure où je trouve qu’un regard, qu’une main posée sur la tête, qu’un ordre, qu’un geste, sont parfois éminemment sexuels ! Cela ne veut en aucun cas dire que l’accouplement est une finalité en soi, et que le BDSM serait une façon comme une autre d’y parvenir… Nous ne sommes pas des bêtes, enfin presque ;-) Le respect, l’écoute, la communauté de désirs restent des valeurs absolument fondamentales, que ce soit dans notre monde ou dans le monde vanille. :-)

  8. Bonjour,
    Un petit mot rapide pour Gadiouka : Je ne mets pas en doute une seconde que la relation D/s soit de nature sexuelle. J’essaie de pointer qu’il s’agit d’une relation entre un Maître et une soumise, et que la « soumise à tout le monde » est un fantasme pour pervers en chasse… Cette relation entre deux personnes existe parce que la soumise cherche une sorte de perfection et de complétude de son don de soi. C’est en fait la façon ultime d’exprimer son amour pour son Maître.
    Ensuite, ce n’est pas à moi de dire quelle type de relation sexuelle est la « meilleure »; les curés s’en sont chargé pendant des siècles… Chacun choisit ses pratiques sexuelles, et heureusement. Pour ma part, j’aime le sexe, mais je trouve des émotions bien plus complexes et complètes dans toutes les autres pratiques de notre relation. Et quand je regarde en arrière, mes souvenirs les plus forts ne sont certes pas de moments d’accouplement ! (même si j’aime ça !)…
    Je pense que si c’était la finalité de nos relations, ça ne durerait pas toute une vie… Nous aurions tôt fait de trouver des « raccourcis » qui nous simplifieraient la vie… Mais il se trouve que nous cherchons en permanence des complications de plus en plus sophistiquées…

  9. Bonjour à tous,

    Au risque de vous choquer un petit poil, je pense quant à moi que la soumission, quelles que soient ses formes, est essentiellement sexuelle. Attention, quand je dis que la soumission est sexuelle, ça ne veut pas dire qu’elle implique nécessairement acte sexuel, surtout pas ! Ca veut plutot dire que notre désir de nous soumettre ou de dominer a une origine qui est avant tout une origine charnelle, sensuelle, sexuelle. Après, partagerons mon avis ceux qui comme moi estiment que le sexe est bien plus présent que nous ne l’admettons dans nos vies de tous les jours… l’ambition, la jalousie, l’humilité, des tas de comportements humains ont à mes yeux une origine sexuelle. Les rapports de dominant-dominés en font bien évidemment partis et je pense qu’il est hypocrite de le nier. Une cérébralité pure, en BDSM pas plus qu’en amour, ça n’existe pas ! Nous sommes nos corps, nos tripes, notre ventre, aussi ! Pourquoi dans 90% des pratiques BDSM, les parties qui sont maltraitées se résument souvent à la bouche, les seins, les fesses ? Il y a, dans toute punition ( encore une fois, même si il n’y a pas acte sexuel ) une teinte extrêmement charnelle ! Je suis intimement persuadée que si nous étions des êtres asexués, il n’y aurait pas de BDSM.
    Maintenant, quant à savoir si l’accouplement pur et simple est la finalité essentielle de toute soumission, je dis non…. Elle est la finalité essentielle de MA soumission, de la soumission telle que je la vois, parce que le sexe tient dans mon esprit une place importante et quasi sacrée, mais comme le dit Nanook, il y a autant de BDSM que de pratiquants donc….. Mais je persiste à dire que nos motivations à nous soumettre ou à dominer sont d’origine sexuelle ;-))

    L.

  10.  » la soumission est bien plus forte, beaucoup plus dure et beaucoup plus invisible. c’est un sentiment profond de s’oublier pour l’autre et de s’offrir à lui. »
    Je me permets de réagir à vos propos. Je ne dirais, en fait, rien de plus.
    Que rajouter à cela?
    Merci juste,d’avoir exprimé si pleinement la soumission.

    Avec reconnaissance,…

  11. caiman said on 18/07/2011

    Bonjour a tous et toutes…
    Le BDSM sans sexe ? oui c’est possible…Dans la mesure ou le « sexe » serait pratiqué hors jeu…
    Dans une soirée, les corps, les esprits se « chauffent » a dit un intervenant mais, a mon avis si sexe il doit y avoir, il devrait etre pratiqué en privé a la maison, a l’hotel, ou ailleurs…
    Il n’y a que quelques années que la pratique du sexe en public est acceptée.
    A charge du dominant de ne pas faire retomber la pression, cet échauffement si plaisant pour certains…
    Pour ma part, dans le jeu je n’y trouve aucun attrait sexuel. De l’érotisme, de la sensualité oui !
    Du plaisir cérébral OUI quand une soumise réagit a mon fouet et que je ressent ce qu’elle éprouve. Mais ceci ne me procure aucune « érection »
    Le sexe évidement mais après…et pas avec n’importe qui.
    Certains prennent le jeu pour un défouloir et les soumises pour un objet. Tripoter le sexe d’une soumise sans se laver les mains et en ayant touché une autre avant.
    N’oublions pas qu’une soumise est avant tout une femme qui mérite beaucoup plus de respect qu’un dominant. (c’est mon avis)
    Essayez de jouer et de faire du sexe ensuite, ailleurs, vous verrez que c’est aussi très plaisant.

  12. Sexe ou pas sexe ?

    C’est en effet une question qui se pose, se repose, et se reposera encore et encore, et ne pourra jamais trouver de consensus. Dans mon cas, c’est oui et non.
    Je suis entrée dans le BDSM pour des raisons diverses, variées et compliquées, mais l’une d’entre elle était un ennui profond dans ma vie sexuelle. Alors à mes débuts, sexe et BDSM étaient intimement liés, je ne pouvais concevoir une séance sans relation sexuelle, quelle qu’elle soit. J’en aurais ressenti un manque, voire un rejet.
    Maintenant, je me rends compte que parfois, j’en ai envie ou besoin, et parfois, pas du tout. Peut-être est-ce parce qu’avec le temps j’en tire des plaisirs nouveaux et différents et qu’ils se suffisent à eux-mêmes, ce n’est plus une relation sexuelle, les deux relations se sont désimbriquées pour devenir indépendantes l’une de l’autre.
    Les circonstances jouent également un rôle. Je me suis aperçue qu’en public, j’ai beaucoup moins envie de sexe qu’en privé. Peut-être parce que je suis en couple avec mon Maître et qu’il s’agit de notre vie intime et que je n’ai pas envie de la partager avec d’autres. Mais, que nous soyons également en couple amoureux, fait que le sexe est intimement imbriqué dans nos relations BDSM, mais là encore, même en privé, ce n’est pas systématique, comme il peut y avoir du sexe sans BDSM, bien que ce soit rare. Quoi qu’il en soit, il n’y a pas de règle, cela dépend de nos envies du moment.

    Je ne suis pas pour les généralités et je n’aime pas les carcans, les cases bien définies dans lesquelles il faudrait rentrer pour être reconnu. Alors sexe ou pas sexe ? Chacun doit voir midi à sa porte sans chercher à suivre tel ou tel précepte sous prétexte qu’untel a dit que si l’on ne faisait pas comme ça, on n’était pas un vrai couple D/s.

  13. Bonjour à toutes et tous,

    - La relation de Domination/soumission est-elle une relation sexuelle ? Oui et non, je m’explique.
    – Oui si l’on parle de nudités des corps, d’attouchements sur les partie génitales, et parce qu’aux yeux de la société « bien pensante » qui nous entoure nous classe dans les catégories telles que : pratiques « hard », dépravés, et perverses.

    – A mon humble avis, non, je ne le pense pas. La Domination/soumission se passe ailleurs, au moins sur le plan cérébral, voir sentimental, amoureuse.

    - Le sexe est-il l’aboutissement nécessaire de nos relations ou nos pratiques ne sont-elles que des préliminaires à la pénétration ?
    Je ne le pense pas non plus. Ceci dit, il faut reconnaître tout de même, qu’après une séance, les corps et les esprits se sont bien échauffés, et donc l’heure de l’expression des désirs des corps à sonnée. Remarquez, qu’en soirées BDSM, c’est assez rare qu’elle finisse en partouze géante…

    - Une soumis/e doit-elle accepter n’importe quelle relation sexuelle ?
    Non !!!! Une soumise n’est pas un objet , mais un être vivant, une Femme, ou un Homme!!!
    Rappelons, si besoin en était, que la relation Dom/soum est consensuelle, consentante, basée sur le respect et la confiance, au moins.

    Essayons de situer le BDSM dans les pratiques sexuelles. Faisons le rentrer dans le « monde » échangiste, triolisme ou gang bang, etc., ça ne marche pas, tout les échangistes ne sont pas BDSM. En revanche, essayons de faire rentrer, dans le BDSM, des jeux à multiples partenaires, ça marche, c’est une possibilité. En effet, dans nos pratiques, tout est possible, rien n’est obligatoire !!
    Donc le BDSM est un vaste terrain de jeu, dans lequel, nous pouvons, si nous le désirons, découvrir, ou pratiquer d’autres pratiques sexuelles, avec ou par amour, ou simplement par jeu, avec le consentement et le respect de chacun.

    Les hommes n’ont ils la perversité et l’imagination que concentrées autour de leur jouissance sexuelle ?
    Dame Tellus, n’êtes-vous pas un peu réductrices dans vos termes ??!! Peut être avez-vous raison pour une grande majorité, peut être, mais il existe quelques exceptions d’hommes altruistes et empathiques. J’en connais quelques uns au moins.

    Pour conclure, je pense qu’il y a autant de BDSM que de pratiquants, que tous les goûts se trouvent dans la nature. La plus belle relation BDSM résulte de l’amour entre l’Homme et la Femme, dans le partage et dans le respect des désirs de chacun.

    C’est avec plaisir que j’apporte ma pierre à l’édifice, et partage, les interventions, ci-dessous.

    Nanook.

  14. soumission sexuelle ? …
    Oui c’est bien un questionnement récurrent.
    Je suis à ce jour en demande de « témoignage ». Je ne sais pas non plus me positionner clairement sur ce sujet.
    Le soumis et le Dominant sont tout d’abord des êtres humains. Des Femmes et des Hommes.
    La soumission sexuelle est-ce être donné, prêté à d’autres ?
    La soumission sexuelle est-ce être disponible pour son Dominant ?
    Pourquoi est-elle si « présente » dans le Bdsm comme presque le « nec plus ultra » des pratiques ?
    Est-ce Le critère ?
    George parle d’Amour.
    Je peux parler aussi de Désir compris dans la complicité.
    Le Don est un cadeau. Le respect de l’Autre aussi : de son corps, de sa libido, de son équilibre psychique.
    Je n’arriverai pas encore à exprimer aujourd’hui ce qui est encore au fond de moi.
    Tout est cheminement.

    Je souhaitais depuis longtemps ouvrir un groupe sur la soumission sexuelle. J’espère que cette rubrique sera alimentée de vos réflexions.
    Normalement, nous devrions en avoir en nombre car si vous observez les profils (quand ils sont complets :)) beaucoup d’entrevous indique la soumission sexuelle dans leur type de pratique. Pour information à ce jour, presque 22% des membres inscrits déclarent la soumission sexuelle comme partie intégrante de leur manière de vivre le Bdsm (imaginez le pourcentage à la hausse si les fiches étaient complètes !)

    Chacun est libre dans le respect de l’Autre, dans son écoute attentive et attentionnée.
    Et comme je l’écris « Libre dans l’Entrave »

    soumise d’Amour

  15. merci pour cette précision, je m’étonnais de voir la sexualité liée à la soumission comme si c’était une phase obligatoire ou au contraire un choix d’y renoncer, je comprends mieux cet exposé à présent.

    La sexualité n’est qu’une expression d’une attirance, d’une histoire d’amour ou en BDSM de dépasser ses barrières, je lis trop partout l’amalgame fait entre la soumission féminine et la facilité d’imposer ce que certains souhaitent et pour qui lil serait trop compliqué de courtiser et être aimé pour obtenir, d’où ma réaction, merci d’avoir rectifié
    Tellus

  16. Bonjour Madame Tellus oui comme vous le dites ce lieu en est présèrvé et saché Madame que si notre Maitre pose ce sujet en publique c’est justement pour tirer la sonnette d’allarme. Au cour d’un événement récent nous avons eu le souci d’un participant qui confondais Libertinage (Hard sex) et soumition; c’est pourquoi nous nous sentons obligé de rzelever ce problème en exposant cet article.
    Ne vous inquiétez pas Madame notre Maitre n’a pas viré de bor et n’est pas passé du coté obscur de la force. Merci de ne pas employer l’agrécivitée dans vos critiques à propos du cite ou de notre Grand Maitre qu’elles soient constructive ou non les critiques sont toujours mieu anttendu quand elles sont exprimée avec diplomacie.
    Au pied de mon maitre je veille telle la tigresse au pied du pharaon; Petite pitbull deviendra grande pour lemoment je fait du bruis bientot je mordrai avec déléctation.
    Respéctueusement la petite diablotine
    big kiss

  17. Nuage said on 13/07/2011

    Bonjour,

    Après avoir lu l’article et le commentaire qui le suit…je m’étonne….vous semblez tous les deux en accord sur le fond…on ne peut réduire notre relation a aucunes de ces pratiques prises individuellement même si elles en font partie.
    Je ne vois dans les propos de l’article aucune atteinte à l’honorabilité des soumises puisque l’on explique clairement qu’il s’agit pour elles de dépassement et d’exception.
    Par ailleurs, nos relations D/s se font avec l’accord mutuel des deux partenaires et en aucun cas ne se résument à ces « jeux » sexuels.

    Nuage

  18. Bonjour,

    Je pensais ce lieu préservé de la caricature de la soumission féminine que nous croisons un peu partout sur le net. Tant de soumises se sentent salies par ce mélange de sexe gratuit et sans respect qu’on leur présente comme « normal » et inconditionnel de la soumission féminine, la soumission se résumerait donc à ça ? Piouf c’est nous ramener bien loin en arrière et nier à nouveau le plaisir et surtout le droit au respect de son corps.

    La sexualité si présente est elle réellement la base de la soumission ? Une femme qui ne s’offrirait qu’à son Maître ne serait elle donc pas une vraie soumise ? Une soumise ne peut elle croire que sa sexualité et son corps sont un don précieux et unique ?

    Les hommes n’ont ils la perversité et l’imagination que concentrées autour de leur jouissance sexuelle ?

    Je retombe messieurs et de haut en vous lisant.

    La soumission c’est le dépassement de ses propre limites pour l’autre, et l’échangisme, l’exhibitionnisme ne sont que des pratiques pour y arriver et n’ont rien de D/s en eux mêmes. Il n’y a aucun règle absolue et je fuis les étiquettes. Une soumise se dépasse dans la douleur, l’humiliation, le renoncement de choisir ou de refuser. La douleur est en effet une offrande dont le corps s’habitue. Chercher plus loin le dépassement en allant chercher les répulsions, la pudeur peut être un moyen de l’amener à se dépasser, mais une soumise se dépasse si elle n’est pas libertine, elle offre cette impudeur à son Maître, mais sa soumission ne se résume pas à ça et j’ose espérer que le don que réclame ce Maître ne se limite pas non plus à ça. Une soumise non libertine, aura beaucoup de mal à offrir ce cadeau, ce sera d’autant plus beau.

    Non je ne pense pas que la soumission soit sexuelle, je pense que la sexualité est un moyen d’explorer la soumission mais la soumission est bien plus forte, beaucoup plus dure et beaucoup plus invisible qu’une soirée de débauche. La soumission n’a rien de sexuel, c’est un sentiment profond de s’oublier pour l’autre et de s’offrir à lui.

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