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Chapitre de Marseille – Soirée du samedi 28 Avril 2012 – à Pélissanne

in Evènements, Soirées thématiques

BDSM PARTY : Le Carnaval

Samedi 28 Avril 2012

partir de 18h30

Club « l’Envoutée »

13, Rue des Passadouires

13330 PELISSANNE

Réservations obligatoires au 06.15.49.16.58

Cloture des réservations le 27 Avril 2012

DRESS CODE : Tout est permis pour la plus grande joie de tous. Pour ceux et celles qui ne souhaitent pas se déguiser, le dress code habituel est de rigueur.

Participation aux frais :

Couple 60€

Homme seul : 50€

Femme seule : 30€

Fin de soirée : 3h

Chapitre de Lille – Soirée du 9 Juin 2012 – Le Touquet

in Evènements, Soirées thématiques

Chapitre de Lille

Soirée D/S « Erections Législatives »

Samedi 9 Juin 2012

à partir de 20h

62520 – Le Touquet

Ce soir le donjon de Maître Roman verra les Maîtres et Maîtresses, les soumis et les soumises entrer en campagne et voter pour élire rois et reines de la soirée…

Dress Code : fétish et sexy

Participation aux frais : 25€ par personne.

Renseignements auprès de Maître George : 06.31.80.23.60 ou 02.98.78.90.43 ou g.berthou@hotmail.fr

Réservations : Chèque à l’ordre de LCDT à l’adresse : LCDT, Moulin de la Chaussée, 29410 PLOUNEOUR MENEZ

L’anglais décrit dans le château fermé. A.P. de Mandiargue – Chapitre III

in Art, L'anglais décrit..., Littérature

L’anglais décrit dans le château fermé A.P. de Mandiargue

Chapitre III: Souvenirs Bernois

Ensuite de quoi je la vis monter à mon côté sur le matelas ( dans son peignoir, que du haut en bas elle avait dégrafé pendant qu’elle s’occupait de mes pieds, je vis qu’elle était nue complétement, sauf la chaussure) ; ses doigts étaient agiles à me déboutonner, et elle ne cessa qu’elle ne m’eût dévêtu jusqu’à la moindre chose. Elle se mit à plat ventre entre mes jambes et me regarda en riant, soulevée un peu sur les coudes ; promena sur mon corps ses jolis seins pointus. Je bandais, avouons-le, comme une machine à défoncer le béton. Il y eut encore des gentillesses des seins et de la langue, que je goûtai en fermant les yeux, puis le visage de Viola redescendit au long de mon corps, et je sentis qu’elle me suçait.

Elle avait happé le gland d’un seul coup, sans toucher à la hampe, et elle le tiraillait en lui donnant des saccades exquises ; le mordillait sagement (sans dépasser, veux-je dire, le point où le plaisir fait face à la douleur) ; parfois elle plongeait mon vit dans son gosier jusque derrière les amygdales (dont je sentais le choc et, vaincue la résistance, le mol étranglement autour de mon engin), d’une façon qui me parut tout à fait ravissante, car je me suis toujours ennuyé à n’être sucé, comme par les putains, que du bout des lèvres.
Je ne fus pas très longtemps sans décharger, n’ayant vidé mes couilles de plusieurs jours. Alors Viola vint au-dessus de moi, et ses lèvres – ce fut notre premier, notre unique baiser d’amoureux – déposèrent dans ma bouche une partie du foutre que j’avais perdu dans la sienne. Nous avalâmes tous deux ensemble ; cérémonieusement, prononcerais-je.

Ah ! Mon cher Balthazar, dit Viola, cela ne rapproche-t-il pas plus que tous le mots du ciel et de la terre ? Tu es vraiment mon frère, maintenant.

Elle fit un gros soupir, qui me parut le déguisement d’un rot, et elle remit ma pine dans sa bouche pour la sucer de nouveau, en exprimer tout le foutre et la bien nettoyer ; et elle la sécha en la roulant comme un cigare dans la paume de ses mains.

Ton voyage t’aura fatigué, dit-t-elle encore, tout aimablement, en voyant que je ne répondais rien à son gracieux propos. Tu devrais dormir un peu. Je viendrai te chercher à l’heure du dîner.

Peut-être n’aurais-je su m’introduire, sans défaire le lit, sous le drap circulaire, mais mon amie (que dis-je ? Ma bonne sœur) Viola le prit par un bord pour me montrer l’ouverture. Je m’engouffrai. Elle posa sur moi des toisons parmi les plus velues et les plus colorées, comme un lourd manteau d’honneur, avant de quitter la chambre pour aller je ne sais trop où – car son peignoir n’était nullement refermé quand je la vis descendre dans le trou de l’escalier tournant.

Seul, je demeurai immobile, attendant le sommeil prescrit ; pourtant il ne vint pas, et je rassemblai des souvenirs.

Montorgueil avait paru dans ma vie une fois que je me trouvais à Berne, chez une vieille amie (non pas très âgée) qui fut ma partenaire à de lointains cache-cache, et que je sollicite encore, de temps en temps, parce qu’elle a de petits seins qui ne se friperont jamais et un ventre qui tout spontanément exhale une bonne odeur de vanille et d’ambre gris.
Mon amie m’avait présenté à lui comme à sir Horatio Mountarse, premier secrétaire à la Légation du Royaume-Uni ;  je la connaissais assez pour ne point douter qu’il ne l’eût faite, à moins qu’il ne fût dégouté des femmes. Cependant, en dehors du plaisir que l’on éprouve à renouer une liaison, l’objet de mon séjour dans la capitale aux ours était surtout d’y faire réparer une montre ancienne à laquelle j’ai la faiblesse de tenir ; dans le boitier de celle-ci, en effet, quand elle fonctionne, douze petits écoliers mécaniques au point de chaque heure viennent se présenter, braies basses, à un magister, qui sodomise un nombre de culs correspondant à l’heure du cadran. Or la réparation achevée ce matin-là, j’avais la montre dans ma poche et, comme c’était l’heure du thé, j’avais pu à mon amie et à sir Horatio donner le spectacle du maître d’école en train de pousser cinq coups.

Très en admiration devant mon bibelot :
Aimez-vous le bordel ? M’avait demandé le diplomate.
Beaucoup plus, assurément, que le solitaire ou le jeu de grâces. Y en aurait-il un, dans cette ville de protestants à la queue froide et aux pieds noirs ?
Non pas de façon officielle ; mais – réservez-moi votre soirée – je vous mènerai dans un établissement où je fréquente, et qui n’est pas sans charme;

Alors, dans les quartiers bas, sur l’autre bord de l’Aar, j’avais accompagné sir Horatio jusqu’au fond d’une ruelle infecte, devant un seuil obscur où, du fer de sa canne, il avait battu longuement et suivant un rythme trop compliqué pour que je puisse encore m’en souvenir. La porte ouverte, reconnu le diplomate Anglais, vous avions été introduits dans l’une de ces vacheries de hasard, telles qu’il s’en trouve en grand nombre dans certains cantons arriérés de la Suisse alémanique, où chaque fille n’est pas tout de suite prête à bâiller son con et son cul au premier venu.

Sous un toit de grosse poutres, autour d’une vaste salle au plancher de bois blanc, je me rappelle un grand carré d’étables qui contenaient chacune une vache de race Emmenthal, sur une litière fort épaisse mais plus sale qu’on ne s’y fût attendu, étant donné son rôle ; dans le milieu, des tables, où les clients, nombreux ce soir-là, buvaient de la bière à d’énormes chopes que renouvelaient aussitôt vides, des servantes bien représentatives de l’espèce bernoise. Je veux dire qu’elles étaient ventrues, lourdement tétonnières, grassement fessues et jambées – plutôt excitantes, au demeurant, avec leur air colossalement stupide.  »Un écu la petite partie », proclamait le patron, en faisant d’une table à l’autre circuler un objet qui me parut répugnant et qui était un vieux ventre de poupée creusé en tirelire d’un con bordé de poils de lapin ; dans ce con, à la mesure exacte de l’écu d’argent frappé d’un Guillaume Tell, les bambocheurs enfournaient leur finance. La plupart du temps il ne se passait rien du tout (et le patron de la vacherie faisait bien ses affaires), cependant il arrivait que surgît du nombril, après l’introduction, le drapeau de la Confédération helvétique, et dans ce dernier cas toutes les servantes accouraient au gagnant pour qu’il choisît l’une d’elle. Curieusement, selon ma façon de penser, elles l’entouraient en lui tournant le dos, boutonnées du haut en bas par devant avec beaucoup de modestie, mais la jupe relevée sur leurs fesses que ne voilait aucun linge. Il paraît que c’est au cul seulement que l’on peut juger d’une femme en Suisse alémanique.

Après avoir choisi, le gagnant emmenait sa prime dans une étable ; et là certaines fermaient le double portail, en sorte que l’on ne voyait pendant le  »petit moment » que les parties hautes de la vache, mais les plus nombreux, pour parader devant les copains restés à table, laissaient grand ouvert, se déshabillaient publiquement (accrochant souvent aux cornes, par plaisanterie, le pantalon ou la chemise) déshabillaient la boniche, et puis la besognaient au vu de tous sous le ventre du bovidé paisible d’ailleurs, pour avoir été bien longtemps habitué à la chose.

Sir Horatio et moi jouâmes de nombreuses parties, et je fus le premier à obtenir l’érection de la croix de Genève. Mes préférences, bruyamment moquées par les buveurs, allèrent à la moins plantureuse des femelles, une fort belle fille, au moins pour ce qui n’est que des formes, mais qui avait, ainsi que ses congénères, le cuir tellement épais que je pensais manier plutôt de la couenne que de la peau de femme. Dévêtus elle et moi, je ne fermai pas les portes, car je pensais que sir Horatio, pour m’avoir conduit en si délectable crapule, voulait se payer du spectacle de ma fouterie. C’est une étrange sensation que de se trouver couché tout nu, fût-ce avec une vraiment belle femme, sur une litière souillée de bouse et d’urine, entre les pattes d’une vache qui pourrait vous écraser ou vous blesser grièvement d’un coup de sabot. Ma compagne (c’est Litzi, qu’elle me dit se nommer) m’avait fait mettre le visage à peu près sous le cul de la bête ; et pendant que Mlle Litzi, montée sur moi, travaillait énergiquement de la croupe, je caressais les mamelles enflées de la plus grosse créature, m’amusant à traire et à faire gicler sur notre couple un liquide crémeux et tiède.

Sir Horatio gagna plus tard, mais il s’enferma très soigneusement, et nul ne vit comment il prenait plaisir avec la jeune obèse de son choix. Des habitués, seulement, firent à haute voix cette observation que jamais la vache n’avait tant montré d’inquiétude. A la fin, le diplomate sortit de l’étable, où il était resté près de trois quarts d’heure.
Je vous montrerai mon vit une autre fois, me dit-il, et quand je banderai, ce qui arrive rarement. Je n’ai fait aujourd’hui que m’amuser un peu.

La fille ruisselait de pissat de vache. Vainement essayait-elle de tordre, pour les égoutter, ses longs cheveux couleur d’éponge. Elle avait un air vexé qui était tout à fait réjouissant, et je pensai que j’avais été bien sot, avec la mienne, de ne trouver rien de mieux que de me faire chevaucher à la paresseuse sous une petite pluie de lait. Sir Horatio était boutonné à son ordinaire, comme s’il était sorti plutôt d’un cabinet de toilette que d’une étable à putains.

Dans la rue, quand je le remerciai de l’excellente soirée, il m’invita à venir l’année suivante à Gamehuche, chez lui ; ajoutant qu’il s’était démis de son emploi diplomatique, et qu’il avait l’intention, dès que serait terminé l’aménagement, tel qu’à son goût, de ce vieux fort acheté sur la côte Bretonne, de s’y retirer strictement pour y poursuivre certaines études qui l’intéressaient – qui m’intéressaient aussi, dit-il encore au point de nous quitter, il en était sûr maintenant qu’il me connaissait bien.

La guerre avait retardé de huit ans notre rendez-vous, mais nous n’avions cessé de nous écrire, quoique à de longs intervalles. Ses dernières lettres m’avaient appris qu’il avait changé de nom – ou plus précisément qu’il avait traduit le sien en Français – puisque, dorénavant, sir Horatorio Mountarse fait place à M. De Montorgueil…

(à suivre)

Chapitre de Rennes – Soirée du Samedi 5 Mai 2012 – 20h – Donjon du Triskel (près de Morlaix 29)

in Evènements, Soirées thématiques

Chapitre de Rennes – Soirée du Samedi 5 Mai 2012 – 20h – Donjon du Triskel (près de Morlaix 29)

 

Soirée Domination / Soumission

La soirée du 5 Mai sera l’occasion d’apprècier la nouvelle décoration et les nouveaux équipements du Donjon du Triskel.

Un apéritif, un buffet et des boissons seront à votre disposition.

Des activités vous seront proposées dans une ambiance propice à nos jeux, faite de lumières tamisées et de musique douce…

Dress Code :

Comme toujours, les hommes élégants en tenue sombre et/ou fetish, les femmes hyper sexy et/ou fetish et/ou très dénudées… (en Mai, défait ce qu’il te plait !)

Participation aux frais :

Couples et hommes seuls : 60€ Adhérents LCDT : 40€

Femmes seules : 20€ Adhérentes LCDT : invitées

2 Chambres sur place : 40€

Concours photo « Miss ADJ Avril 2012″

in Art, Arts Plastiques

Concours photo « Miss ADJ avril 2012 »

Je vous rappelle les modalités de notre concours mensuel :

Le concours porte sur des photos personnelles, le critère de choix sera l’esthétique de la photo, mais il faut aussi qu’un élément évoque la soumission, et si possible que des éléments de la photo évoquent le mois concerné.

Il y aura donc une Miss ADJ chaque mois de cette année 2012.

Les gagnants de chaque mois recevront une entrée gratuite pour deux personnes à une soirée de leur choix (valeur d’environ 60€).

De plus, un calendrier 2013 sera édité, avec une page par gagnante et il sera offert aux lauréats.

Voici la photo qui a été choisie pour illustrer le mois de Mars 2013 :

De nombreuses photos très jolies nous ont été présentées. Certaines d’entre elles nous ont semblées tout aussi valeureuses que la gagnante, mais ne correspondaient pas à l’illustration du mois de janvier. Nous avons donc décidé de garder certaines de ces photos pour concourir pour illustrer d’autres mois !

La photo gagnante de Mars :

Alors, merci de m’envoyer vos plus jolies photos qui illustreront la soumission et le mois d’avril (les poissons, Pâques, les oeufs, les cloches, la lune rousse, la saint Georges, etc…) par mail à g.berthou@hotmail.fr.

Merci de votre participation et bonne chance !

L’anglais décrit dans le chateau fermé – A.P. de Mandiargues – Chapitre II

in L'anglais décrit..., Littérature

Chapitre II: Viol a

Tout d’abord, il me faut dire que le mot de  »château », qu’à son adresse avaient employé les paysans rares auprès de qui, sur la lande, je m’étais informé du chemin, correspondait très mal à la nature véritable de ce lieu. Gamehuche n’était en réalité qu’un vieux fort (qui souvent avait dû servir de prison), certainement antérieur à l’époque de Vauban, désaffecté probablement à la fin des guerres de l’Empire. Jusqu’à quel point avait-il été transformé dans la dernière période, je ne sais.
La matière dont il était construit, un granit bleu-noir beaucoup trop dur pour se prêter à ces faiblesses de la pierre que sont la patine et l’érosion, lui donnait l’aspect du neuf, si bien qu’il était pratiquement impossible de distinguer ce qui appartenait encore à la construction originale des restaurations capricieuses que lui avaient imposées ses nouveaux propriétaires.

Frappait surtout, à première vue, le dessin de l’ensemble, par la géométrie singulière autant que rigoureuse à laquelle il obéissait. Gamehuche de l’extérieur, se présentait comme une énorme tour basse, absolument dépourvue de fenêtres ; mais ce qu’on voyait là, que ce fût de la plage ou d’un bateau sur la mer, n’était jamais que le mur d’enceinte, parfaitement rond, lisse et partout égal à lui même. N’était le site, on eût pensé aux dehors d’une arène ; mais à quels bestiaux combats destinée – et quel peuple l’aurait pu remplir – sous ces brumes ou bien ces rafales de vent de mer, en cette solitude de rochers nus battus des vagues ?

A l’intérieur du cercle défensif se dressaient contre le mur un donjon, d’un ovale un peu allongé, et six tours plus petites, deux desquelles, tangentes au donjon, formaient avec lui le principal corps d’habitation, tandis que deux autres se trouvaient aux extrémités du diamètre parallèle à l’axe de ces bâtiments, et que les deux dernières flanquaient la porte d’entrée.
Une fenêtre unique au premier étage de ces deux-là, étroite, grillée de surcroît, les distinguait du reste de la construction intérieure où de grandes baies diaphanes, qui couvraient presque toute la surface disponible, ne laissaient à la pierre que la mince fonction de servir de cadre à la vitre. Les toits de tout cet édifice étant plats, contrairement au style du pays, et soudés, pour faire terrasse avec le chemin de ronde, rien ne passait au-dessus du parapet qu’en buste les habitants du château, quand un jour de soleil, ou quelque moins banale occasion, les y avait attirés.

Tu as du bagage ? Il faudrait le porter à la tour d’ami.

Le nègre se rappelait à mon attention, vexé, peut être, qu’elle se perdit aux nuages que bousculait le vent et au bruit des lames rompues qui déferlaient sur les blocs, en bas du rempart. Je tirai du coffre deux valises, pour les lui donner, mais il n’en prit qu’une, et je ne fis pas de façons à prendre la seconde, cette égalité de maître a serviteur, qu’avec une certaine arrogance dans la voix et dans le geste on m’imposait, n’étant pas, mais au contraire, pour me fâcher. Car elle soulignait le fait qu’en franchissant le seuil de Gamehuche j’étais entré dans un monde excentrique et clos, qui avait d’autres lois et d’autres coutumes que celui d’où je venais. Elle apportait aussi, et sans trop tarder je devais les connaître, de succulents avantages.

J’allais donc suivre celui qu’en dedans de moi-même je nommais déjà  »mon frère noir », quand bâilla la porte de l’une des tours médianes (celle de droite, précisément, par rapport à la porte cochère), produisant une apparition qui m’enchanta.
C’était une mulâtresse très jeune ( je sus, plus tard, qu’elle venait d’avoir dix-sept ans ), délicieusement chatte ou guenon, par son visage un peu plus petit que le naturel selon les proportions de son corps. Le nez un peu trop court, la bouche un peu trop grande, elle ouvrait très grands aussi des yeux roux dans la peau la plus lisse et fraîche qui se pût rencontrer ; ses cheveux, plus bouclés que crépus, retombaient d’un seul côté sur l’arrondi d’une belle épaule. Vêtue d’une sorte de peignoir en satin corail bordé de cygne feu – ledit peignoir d’allure assez Louis XVI, avec ses manches larges et son échancrure à cacher le moins possible de gorge – elle avait aux pieds de minuscules souliers mauves sur des chaussettes blanches brodées de baguettes rouges.

Monsieur l’ami de Montorgueil, bonjour, me dit-elle. Moi c’est Viola.
Bonjour, dis-je, madame Viola.

Elle se mit à rire avec les grâces d’une bête qui mordille, et puis :

Appelle-moi Viola tout court. Je t’appellerai Balthazar. C’est un nom que j’aime bien ; je l’ai donné à tous les hommes que j’ai aimés dans ma vie. Ils étaient comme mes frères.
Surpris de cet écho à mes pensées inexprimées, point mécontent de tel incognito prometteur, je m’inclinai. Pourtant, je voulus questionner encore :

Et Montorgueil, l’appelles-tu aussi Balthazar ?

Montorgueil est Montorgueil, me fut-il répondu avec une vivacité qui me découvrit de la gorge ces riens que je n’avais pas encore vus ; les Balthazars sont les Balthazars. Il y a des manières pour le loup et des manières pour les moutons. Ne pense pas trop à ces choses, mon bon frère balthazar, et viens plutôt à la tour d’ami. Je vais t’y mettre à ton aise.

Elle avait pris mon bras sous le sien et, ce faisant, elle agaçait doucement de ma main à travers l’étoffe la pointe de son téton ; plus pointu en vérité, que je n’eusse cru possible à téton de l’être, car je n’avais empaumé, avant cette fois, que des seins de femmes blanches. Ainsi bien occupés, nous traversâmes la cour en nous dirigeant vers l’autre des tours médianes, où le nègre, d’ailleurs, nous avait précédé avec ma valise. La porte, étroite pour deux, me sépara fort à regret de la jolie Viola, mais en la poussant poliment devant moi je constatait qu’elle avait le cul non moins développé ni ferme que le buste. Quelques marches et deux grands pans de tentures à soulever nous donnèrent accès dans une pièce ronde, qui était la salle de bains, tout à fait superbement.
Vasque plutôt que baignoire, un bassin à fleur de pavement occupait le centre de cette pièce-là ; le centre du bassin, à son tour, était marqué à fleur d’eau par un très gros galet dont la forme, pour rappeler les armes parlantes (dirai-je l’écu ?) du seigneur de Gamehuche, ne manquait pas de surprendre un visiteur non averti ( mieux: c’était quoique modelé probablement par les vagues, absolument ainsi que les fesses d’une colossale Vénus des cavernes). Deux trous que l’on avait percés où il fallait, dans ce caillou, laissaient à volonté sourdre l’eau chaude et l’eau froide ; et l’on perdait pied si l’on avait caprice de faire à la nage un tour de galet près du trou qui pissait froid, tandis que vers la source chaude le fond sensiblement se relevait.

La première tenture était de gaze bleue ; la seconde, intérieure, de robuste tissu huilé, d’un rouge brun, dont il se fait des suroîts et des bâches pour les canots. Celle-ci couvrait tout le plafond, d’où elle retombait jusqu’au sol derrière trois bancs de liège brut, et s’écartait devant les vitres voilées seulement de l’autre, plus légère, qui donnait à la pièce un éclairage assez comparable au jour bleuâtre que l’on a pu voir en quelque grotte marine. Derrière ce double rideau, un escalier tournant, fixé au mur, conduisait à la chambre du premier étage.

Là haut, quand nous fûmes arrivés, sans nous être attardés dans la salle de bains plus que le temps d’y jeter un petit coup d’œil, et d’admirer, nous vîmes le nègre couché paisiblement sur le lit.
Gracchus, dit Viola, laisse nous. L’ami Balthazar a besoin de se reposer.
Çava bien, dit l’autre, j’ai compris. Il n’a pas mis longtemps à devenir un Balthazar aussi , celui-là.
Et levé non sans un ou deux grognements encore, il disparut par l’ouverture du plancher. La mulâtresse rabattit une trappe. Nous fûmes seuls.

La chambre, beaucoup plus haute que la salle de bains, était aussi plus étendue, puisque l’on avait pas eu besoin d’y faire place à l’escalier ni à cette sorte de couloir entre le mur et le rideau imperméable. Du plafond descendaient deux flots de mousseline, blanche à l’intérieur, rouge clair à l’extérieur, appliqués contre la paroi par un système étoilé de vergues à mi-hauteur d’un mât de sapin naturel, lequel portait son gracieux toit de gaze ainsi que le dais d’un petit sérail ambulant. Comme dans la pièce du bas, mais sous un meilleur éclairage, une baie vitrée laissait largement entrer le jour, que le double écran rouge et blanc teintait d’aurore ainsi qu’aux reflets d’une chair allumée par des coups de fouet. Le mât se trouvais planté au centre d’un très grand lit tout rond (où, les têtes sur des oreillers autour de la tige, les jambes divergentes, facilement eussent dormi huit personnes, et dix ou douze en cas de besoin) ; ce lit couvert de peaux à longs poils, de chèvres sans doute, teintes en rouge vif, en violet, en rose. D’autres peaux, mais de moutons et à laine courte, qui variaient seulement du rose éteint au jaune paille, servaient de tapis entre le lit et un divan circulaire qui faisait le tour de la pièce – sauf à l’endroit où débouchait l’escalier. Les peaux, de chèvres, comme sur le lit, qui chargeaient le divan, allaient d’un brun presque noir à l’ocre et à ce beige presque blanc qui est précisément la couleur isabelle. Planait sur le tout, mêlé à l’odeur fortement musquée des toisons, un parfum lourd et gras, tel qu’aux souks en Orient.

Après avoir dans l’ordre du divan dérangé quelques couvertures, Viola releva un segment de banquette, qui servait de couvercle a un coffre profond où furent englouties mes valises. Puis elle disposa des coussins pour m’asseoir sur le lit très commodément, s’agenouilla devant moi, défit les nœuds de mes souliers et ôta mes chaussettes. Approchant mes pieds de son visage, elle les frôlait de ses cils, passait sur la plante et entre les orteils une petite langue bien musclée…

(à suivre)