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MANIFESTE

20/07/2014 in Manifeste

Chers amis, bonjour,
Je vous prie de trouver ci-joint un document auquel je vous demande de prêter une attention toute particulière.
Il s’agit du Manifeste des passionnés de relations de domination/soumission qui demande la reconnaissance de nos pratiques comme étant respectables.
Ce Manifeste n’entend pas embrasser toute l’étendue de nos relations, mais simplement établir le plus petit dénominateur commun qui permette de mettre en évidence la spécificité de ces relations.
Il ne s’agit absolument pas d’une tentative de règlementation de nos pratiques, mais bien de rompre une fois pour toute avec la ribambelle de simulateurs qui parasitent notre monde et qui nous ont tissé la réputation désastreuse qui pèse sur nous tous depuis toujours.
Ces simulateurs n’ont rien à voir avec nous. Ils ne sont en fait pas du tout intéressés par nos relations si complexes. Ils n’affichent qu’un intérêt feint pour ces relations afin d’obtenir des relations sexuelles, et dans ce but, ils sont prêts à tout (et à n’importe quoi).
Il nous fallait un document de référence, diffusé le plus largement possible. Ainsi, une débutante qui aurait lu ce texte, pourrait facilement constater qu’elle est en présence d’un simulateur, et s’écarter de son chemin.
C’est dans cette optique que plusieurs personnes de grande expérience, présentes sur notre site, ont travaillé ensemble depuis plusieurs mois. Une vingtaine de versions successives ont été corrigées et amendées. Chaque mot a fait l’objet de discussions avant de parvenir au texte ci-dessous.
Nous ne demandons pas que chaque personne qui approuve ce texte le signe de son nom d’état civil. Comme tous les autres manifestes, il sera signé de ceux qui n’ont pas de problème particulier à le faire, ou de ceux qui, comme les écrivains, les commerçants, et plus généralement les professionnels de notre monde, ont déjà livré leurs noms au public. Les autres peuvent le signer de leurs pseudonymes, ou de leur adresse mail.
Il n’en demeure pas moins essentiel que CHACUN d’ENTRE VOUS fasse circuler ce texte auprès de toutes ses connaissances.
Je vous en remercie à l’avance.
Maître George

MANIFESTE

À tous ceux et celles qui connaissent la plénitude de vivre une relation de Domination / soumission.
À tous ceux et celles qui ont rencontré leur Évidence et désirent en attester.
À tous ceux et celles qui se découvrent attirés en eux-mêmes, hésitent, craignent et questionnent.
À tous ceux et celles qui ignorent, mais font preuve d’une tolérante curiosité et de respect à l’égard des choix de vie d’autrui.

Nous, signataires de ce manifeste, désirons porter au grand jour la réalité des relations que nous vivons, mettre à bas la réputation calomnieuse de nos pratiques et être considérés tels que nous sommes : des personnes responsables et respectueuses d’autrui en toutes situations.

Nous vivons dans le bonheur de relations hiérarchiques, érotiques, entre adultes consentants, exemptes de tout clivage sexiste. Ces relations nous permettent l’expression d’une partie importante de nous-mêmes. C’est ainsi que nous vivons en harmonie dans le respect des choix de chacun d’entre nous.

Ce mode de relation porte des noms divers : Domination/soumission, relation D/s, BDSM, Sado-Maso, SM, etc. Ces intitulés ne nous conviennent pas. La semi-clandestinité dans laquelle nous sommes tenus, depuis fort longtemps, contre notre gré, n’a pas permis, à ce jour, un consensus collégial autour d’un terme plus conforme à la réalité de nos relations et de nos pratiques.
Il s’agit de la sublimation, théâtralisée ou non, du don de soi du soumis ou de la soumise, accepté par le dominant ou la dominante qui en assume la responsabilité. C’est autour de cette célébration du don de soi de la personne soumise et de l’exercice de cette responsabilité de la personne dominante que nous désirons être reconnus.
Ce sont des relations construites et librement choisies par chacun en pleine conscience. Elles font l’objet d’accords préalables clairement exprimés et limités. Une fois le consentement mutuel formulé, elles nécessitent une grande bienveillance et un respect partagé. En cela, elles rompent clairement avec les notions de prédation, de manipulation unilatérale et d’exploitation par la force ou par la ruse.
Ces relations sont ponctuelles ou durables. Phallocratie ou féminisme exacerbé ne sont pas de mise puisque les positions hiérarchiques des femmes comme des hommes sont librement choisies par chacun en fonction de sa nature profonde : dominant ou dominante, soumis ou soumise. Ces tendances de nos personnalités qui s’expriment avec plus ou moins d’intensité, pour tout le monde, dans la vie sociale, familiale, professionnelle. Pour nous, elles se révèlent comme une Évidence que nous transcendons librement dans la profondeur de nos relations intimes et qui se traduisent par de nombreuses pratiques, sources de sensations et de partages.
Il est vrai que nos relations font aujourd’hui le sujet de best-sellers mondiaux. Depuis la nuit des temps, nos modes de relations hiérarchiques inspirent les artistes, les philosophes. Nos relations sont représentées dans le monde de l’art, par les professionnels du marketing, de l’industrie de la communication, les grands couturiers ou les designers. Toutes ces images et ces évocations sont diffusées dans la société civile. Nous devons nous réjouir de tout ce qui permet de nous découvrir. Toutes ces œuvres et ces images passées, présentes ou à venir en font partie et grâce à elles, celles et ceux qui nous ont rejoints sont nombreux.
Néanmoins, à ce jour, rien de tout cela n’a permis de mieux nous définir ni de poser les bases de ce qui nous rassemble.

Sans prétention de répondre à toutes les facettes de notre mouvance, c’est la détermination d’apporter notre part à ce nécessaire rassemblement qui nous anime.

Comme les marins expérimentés, qui connaissent et préviennent des dangers de la mer, il est de notre devoir, de faire part de notre vécu, de notre vision, et d’être les garants de toute déviance.
Pour cela, nous rassembler et communiquer entre nous est déterminant pour préserver les victimes de la violence des prédateurs et manipulateurs, de l’isolement et de ses conséquences.

Adultes responsables et raisonnés, nous refusons toute manipulation ou acte qui pourrait mettre en péril l’intégrité physique et mentale de toute personne.
Nous refusons toute violence, puisque, aussi poussées que soient les pratiques, pour certains, elles ont pour impératif de transcender la notion de douleur en sensations de plaisir. Pour d’autres, nombreuses sont les pratiques totalement indolores.

Les pratiques qui caractérisent nos relations sont extrêmement variées.
Elles sont parfois élevées au rang d’expression artistique.
Néanmoins, nos relations ne peuvent en aucun cas être réduites aux caractéristiques de l’une de ces pratiques. En réalité, elles ne sont que l’expression du désir spécifique librement consenti de chacun.
C’est cette approche qui nous prévient de la vulgarité tout en écartant les tabous. Elle exalte notre esprit, enflamme nos désirs et fait chanter l’âme humaine de notre nature animale.
Nous refusons, avec la plus grande énergie, de servir de bouc émissaire à tous ceux qui, par ignorance ou honte de leurs propres pratiques sexuelles, nous assimilent à la pornographie, au proxénétisme, à la violence faite aux femmes, mais aussi aux hommes.
Nous sommes fiers de vivre notre moi profond et demandons à être respectés, par égard au bonheur partagé que vivent la plupart d’entre nous.
Nous voulons vivre nos choix relationnels en bénéficiant des effets de la loi contre les discriminations, les injures et diffamations de toutes sortes visant les orientations sexuelles et les mœurs différentes.
Nous souhaitons pouvoir nous associer librement, sans dissimuler qui nous sommes ni ce que nous souhaitons faire ensemble, au même titre que les homosexuels et transsexuels. (LGBT)
Nous souhaitons nous réunir sans nous cacher, pouvoir accueillir, sans prosélytisme, mais avec sincérité, ceux qui s’interrogent, qui veulent nous rejoindre sans peur de la vindicte.
Nous souhaitons que ce manifeste soit le porte-parole de ce qui nous rassemble, témoin de nos choix responsables, respectueux et respectables.
Signer ce manifeste ne signifie nullement que vous êtes pratiquant, mais que vous reconnaissez notre droit à vivre librement nos relations humaines, saines, sûres et consensuelles, garantes du bonheur de celles et ceux qui les vivent.
Notre volonté est que votre signature, notre signature, soit une adhésion, un message permettant à des centaines, peut-être des milliers de personnes de se réaliser en toute sécurité avec sérénité et fierté de vivre un accomplissement personnel des plus harmonieux.

L’Anneau de Justine : un site Breton ???

04/08/2011 in Manifeste

Quelques remarques importantes :

J’entends parfois parler de l’Anneau de Justine comme d’un site Breton.

On peut sans doute considérer qu’il y a un grand nombre de membres rattachés au Chapitre de Rennes.

La raison en est surtout historique : En effet, en Bretagne, j’organise depuis de nombreuses années des soirées ouvertes au public. Ce sont ces gens qui se sont rapidement inscrits sur mon site.

Mais l’Anneau de Justine a pour vocation de regrouper les passionnés de D/S en neuf régions cohérentes, que j’ai appelées « Chapitres », et de fédérer ces régions entre elles. Et non pas du tout de rester entre Bretons, en Bretagne…

Les Chapitres de Marseille et de Paris fonctionnent déjà. La priorité pour cette deuxième année qui commence, sera de réellement mettre en place les six autres Chapitres, et d’y organiser des soirées… à savoir : Lille, Strasbourg, Clermont-Ferrand, Lyon, Toulouse, et Bordeaux.

Nous avons maintenant quelques données sur ce qu’est réellement l’Anneau de Justine :

En effet, beaucoup de membres sont rattachés au Chapitre de Rennes, mais seulement 37%…

Le Chapitre de Paris, qui devrait être bien plus important que celui de Rennes, vient en seconde position avec 20%, ensuite celui de Marseille… On voit que l’organisation de soirées, et donc les contacts réels, sont très importants dans la mobilisation de nouveaux membres !

Ensuite, viennent les autres régions, avec environ 5% dans chaque région, soit une cinquantaine de personnes… (il y a environ un millier de personnes sur l’Anneau, compte tenu des couples…)

Un cinquantaine de personnes, c’est déjà une base pour organiser une jolie soirée… Donc je renouvelle mon appel aux bonnes volontés… Je suis prêt (ainsi que Maître André, du Chapitre de Marseille et Maître Françoys, du Chapitre de Paris) à donner un sacré coup de main à ceux qui décideraient d’organiser une soirée dans l’un des six Chapitres nommés ci dessus…

Je suis prêt à prendre mon bâton de pèlerin (ou plutôt mon fouet de pèlerin…) pour démarrer les nouveaux Chapitres.

Ceux d’entre vous qui pensent que nous pourrons réaliser de bien belles choses lorsque nous serons enfin opérationnels doivent faire l’effort d’adhérer à La Communauté du Triskel. Ce sont leurs cotisations qui nous permettront de mener à bien tous nos projets !

Nous sommes sur la bonne voie, gardons le Cap !

Relation D/s : sexe ou pas sexe ?

12/07/2011 in Manifeste

Voilà une question qui traverse régulièrement nos conversations, nos soirées, nos rassemblements…

La relation de Domination/soumission est-elle une relation sexuelle ? Le sexe est-il l’aboutissement nécessaire de nos relations ? Nos pratiques ne sont-elles que des préliminaires à la pénétration ? Une soumise doit-elle accepter n’importe quelle relation sexuelle ?

On voit dans notre Communauté un éventail surprenant d’avis à ce sujet allant du « no sex » jusqu’à la fameuse soumission exclusivement sexuelle…

Bien sûr, je ne veux pas (et ne peux pas) trancher de façon définitive sur un sujet vieux comme le monde. Je respecte l’avis de chacun à ce sujet. Mais je voudrais néanmoins proposer un certain nombre d’axes de réflexion, et vous proposer ma propre approche de ce problème :

Donc, à mon avis, la relation de Domination/soumission est non seulement une relation sexuelle, mais c’est même une relation amoureuse :

En effet, l’amour est régulièrement décrit comme un cocktail d’altruisme, de respect et d’admiration mutuelle, et de libido. Que serait une relation D/s, si ces ingrédients n’y étaient pas ? Pour la soumise, c’est l’évidence : elle veut tout donner à son Maître, elle le respecte et elle l’admire. Mais pour le Maître, c’est également une réalité : Altruiste, il donne son temps sans compter et veille sur sa soumise avec bienveillance. Respectueux, il sera attentif aux vrais désirs de sa soumise et ne tentera pas d’outrepasser ses limites. Admiratif, il sait l’importance incomparable du don de soi de sa soumise.

Bien sûr, aujourd’hui nombreux sont ceux qui ne veulent pas parler d’amour : Pudeur ou peur de l’engagement, ils parleront de « jeu de rôle » ou de « jeux » tout simplement.

C’est une relation qui unit étroitement deux personnes qui se complètent.

La soumise utilise sa soumission pour faire comprendre à son Maître que son don d’elle même est absolu et sans limite (romantiquement, jusqu’à la mort…)

Le Maître accepte ce don improbable, et prouve d’une part qu’il l’accepte en mettant sa soumise à l’épreuve et d’autre part montre qu’il a compris l’importance de ce don en le sublimant.

On pourrait penser que cette vision de la relation D/s est claire. Cependant, peut-être pour de multiples raisons, on peut constater de nombreuses interprétations très différentes.

Ce qui a causé beaucoup d’incompréhension, c’est que, très souvent, pour prouver et pour éprouver ce don, le Maître peut souhaiter prêter sexuellement sa soumise. En effet, quoi de plus intime, quel sacrifice plus paradoxal, et plus grand ? Et, n’est-ce pas la preuve ultime qu’on possède une soumise que d’être en mesure de la prêter ? On ne prête que ce que l’on possède…

Vu de l’extérieur, on peut se dire : Une soumise, est une échangiste qui se voit imposer un partenaire… Quelle aubaine pour ceux qui d’ordinaire, ne sont jamais choisis !!! Et bien sûr, on est toujours très content de croire ce qui arrange !!!

De même certains peuvent croire que les soumises sont des filles « faciles », puisqu’à priori, elles acceptent tout et n’importe quoi !!!

Cependant, mon opinion est que ce ne sont vraiment que des apparences trompeuses. La relation reste et demeure une relation à deux, même avec des partenaires multiples. Et ces expériences ne sont que des exceptions rarissimes, des étapes à franchir pour la soumise, et en aucun cas une façon de vivre.

Quand à l’opinion qu’elles seraient « faciles », vous savez tous que c’est l’un des clichés les plus stupides qu’on peut entendre : Elles peuvent éventuellement être « faciles » mais uniquement avec leur Maître, et au prix de combien de difficultés préalables !!!!!

Si nous laissons courir ces opinions ridicules, c’est d’une part parce que c’est assez flatteur pour le Maître qui apparaît comme une sorte de surhomme, et que d’autre part, nous ne souhaitons pas vraiment briser le mythe et le rêve.

Mais ici, nous sommes entre nous, et nous savons ce qu’il en est !

Nous savons que nos soumises aiment expérimenter et se surpasser, parce qu’elles constatent que leurs sensations sont importantes pour nous, et qu’elles nous font confiance.

Qu’elles soient fanatiques ou non de pénétration, elles savent que nous sommes attentifs à leurs désirs, et que nous ne faisons pas passer les nôtres en priorité à tout prix.

Elles accordent une très grande importance à nos pratiques parce qu’elles sont des preuves à leurs yeux, de notre constant intérêt vis à vis de leur plaisir.

Enfin, nous sommes bien placés pour savoir qu’elles n’acceptent pas tout et n’importe quoi, parce qu’elles sont tellement précieuses à nos yeux que nous ne voulons pas risquer notre relation pour le plaisir d’une expérience improvisée…

En résumé, la relation D/s est une relation entre deux personnes exclusivement, malgré les apparences. C’est une relation complexe et symétrique. C’est une relation qui est tellement riche que toutes les pratiques qui y participent, ont une importance égale, et peuvent être satisfaisantes en soi. C’est en fait, à mes yeux, avec les bébés, ce qu’on fait de mieux entre un homme et une femme !

Il s’agit bien d’une relation sexuelle, et qui plus est, c’est celle qui laisse la plus grande place à l’Amour avec un grand A. Et on commet systématiquement une erreur fondamentale à chaque fois qu’on essaie de réduire cette relation à l’une ou à plusieurs des pratiques qu’elle emprunte.