L’anglais décrit dans le château fermé. – A.P. de Mandiargue – Chapitre VII

05/06/2012 in L'anglais décrit..., Littérature

L’anglais décrit dans le château fermé. – A.P. de Mandiargue – Chapitre VII

Chapitre VII: Une punition

Michelette se démenait, hurlait de peur quand ne l’étranglait un sanglot, secouait, pour fuir, le bras de l’Allemande, mais Gracchus et Publicola, l’ayant saisie (je vis bien qu’ils bandaient, et leurs grosses mains noires patinaient durement les parties ten­dres du petit corps), la balancèrent au milieu de la flaque. Après quoi, tout de suite, on remit le couvercle à sa place.

Les poulpes, péchés de peu, étaient bien vivants ; je pourrais même dire qu’ils étaient sacrement vifs ! Ils avaient commencé par fuir sur les côtés, quand Michelette était tombée parmi eux, mais nous les avions renvoyés vers le centre. Le grillage était beaucoup trop bas pour permettre à la petite fille de se tenir debout ou même de s’asseoir, et elle se roulait dessous à la manière d’une possédée, mettant en lam­beaux la combinaison très fine qui l’ha­billait uniquement, déchirant, au contact du métal, son visage, ses mains et la peau de son corps. Affolés par les mouvements de l’in­truse, les poulpes nageaient d’un bord à l’autre avec des saccades furieuses ; ils jetaient leur encre sur le sable et dans l’eau, ils collaient, avec des cinglades comme de fouets, leurs tentacules sur les membres de la petite victime. Non pas que ces bestiaux soient aussi dangereux que d’aucuns l’ont prétendu, l’étreinte de leurs huit bras, la succion des ventouses qui les arment, pour­tant, sont sévères, et quand ils appliquent sur un épiderme d’enfant leur bouche cornée en bec de perruche, la morsure n’en est pas bénigne.

De toute évidence, Michelette avait perdu la tête. Couchée à la renverse, les cheveux dans l’eau, les jambes écartées au maximum, ses genoux s’égratignaient contre le grillage et saignaient. Cette position de la plus complète impudeur l’exposait à nos regards mieux (ou pis) que nue, si quelque loque de crêpe ou de dentelle pavoisait encore ça et là son corps meurtri et souillé. Cinq poulpes, qui s’étaient fixés sur elle, n’en bougeaient plus, leurs tentacules étroitement noués sur la peau de ses flancs, de son ventre et de ses cuisses ; un autre, des plus gros, vint se coller à son visage, lui prêtant un masque effroyable et burlesque. Alors telle confu­sion de la chair enfantine avec les mol­lusques céphalopodes, dans un décor de soie et de dentelles rompues, de sang, d’en­cre animale, de sable et d’eau salée, parvint à un degré de bestialité grandiose où il y avait peut-être de cela que l’on nomme obscurément sublime, et je fus tout à fait égaré. J’empoignai Viola, lui arrachant son peignoir, la renversant sur la grille ; mais d’autres avaient ressenti les effets du specta­cle, et je n’eus pas le temps d’enconner.

— Par tous les culs du ciel et de la terre, cria le maître de Gamehuche, je crois que je vais bander !

Les femmes autour de lui s’empressaient, et Viola, qui s’était retirée de mes mains, craintive, dès qu’elle l’avait entendu, ne fut pas la dernière à le débarrasser de son vête­ment. Frotté de seins et de fesses, chatouillé à coups de cils, manipulé, branlé, suçoté, le vit de Montorgueil bientôt fut en l’air.
C’était un fort joli morceau, non pas monstrueux de longueur si, selon la docte Viola, il atteignait à peine vingt-trois centimètres, mais frap­pant par son profil en massue et par l’énor­me gland cramoisi (dix-huit centimètres de tour !) qui le terminait. Le plus remarquable était une membrane dentelée comme la crête de certains sauriens, marbrée de rosé et de violet, qui pendait sous ce vit depuis le gland jusqu’à la bourse. J’ai vu bander peu d’hommes, n’étant pas du tout pédéraste, ni trop volontiers partouzard, et je ne puis dire avec certitude si ce magnifique ornement, dont M. de Montorgueil tirait gloire, est bien chose unique. Des médecins, consultés plus tard, me l’affirmèrent ; je les en croirai sur parole.
Pour le reste, mon ami avait le corps d’un Bacchus poilu, entre le châtain et le roux, sous un visage bien rasé et froid comme celui d’un clergyman.

— Découvrez le bassin, vite ! criait-il. La petite garce est à point comme cela dans son jus. Je vais la défoncer par devant et par derrière, et que je sois damné, à ce coup, si je ne crache pas du foutre !
On découvrit. Montorgueil, aidé par l’Alle­mande et par Viola qui le tenaient sous les bras, sauta dans la flaque avec le bruit d’un saumon qui franchit un barrage, et nous en eûmes de sales éclaboussures. L’agitation des poulpes redoubla, comme s’ils nageaient dans une mare d’eau trop chaude. Nous avions fort à faire pour les rejeter dedans quand, pour s’échapper, ils grimpaient hors du bassin. L’un se colla au talon de l’An­glais, un autre à sa nuque, mais lui, sans un geste pour les chasser, s’empara de Michelette qu’il étreignit avec rage, maniant cruel­lement les petits seins et les fesses, mordant de toutes ses forces dans le gros poulpe qui se crispait sur le visage de l’enfant. Deux autres, plus petits, qui s’étaient fixés entre les cuisses, barraient le chemin des pucela­ges ; il les arracha, et nous le vîmes introdui­re les pouces dans leur corps, fait en forme de sac, pour le retourner comme un gant et leur mettre toutes les tripes à l’air, pour se frotter ensuite, avec ces tripes-là, le vit et les couilles.
Puis il revint à sa victime, en faisant des vociférations où je crus enten­dre un arrêt de mort, et l’ayant placée en position convenable, sans préparation d’au­cune sorte que ce qu’avaient pu fournir les entrailles du poulpe, d’une botte unique et irrésistible, il plongea son engin jusqu’aux couilles dans le ventre de la pucelle.

Michelette, tirée de son état d’inconscien­ce, hurla de plus belle. Je pense que Montorgueil avait dû la blesser grièvement avec son énorme nœud, car du sang coulait à flots dans l’eau noire de sépia ; mais il continua à limer en con pendant au moins douze minu­tes, sans aucune pitié. Quand il sortit, et il n’avait pas déchargé, son vit était terrifiant, qui bavait une sanglante écume par toutes les pointes de la crête inférieure, comme on imaginerait d’un iguane qui eût participé horriblement à quelque saleté rituelle. Il retourna l’enfant pour lui rompre le cul avec plus de brutalité qu’il n’en avait mis à déchi­rer le con, et il lima l’anus en furibond pendant plus de temps encore. A la fin, non sans divers cris, il renversa en arrière la tête de sa victime pour mordre de nouveau dans le gros poulpe qui la masquait toujours, et de ses dents il arracha un œil de la bête dont vibraient et claquaient les tentacules comme les rayons d’un soleil d’artificier ; alors seulement il déchargea, et sa décharge dut être prodigieusement abondante, car elle se prolongea pendant plusieurs minutes, et des contractions l’accompagnaient qui boule­versaient tout son grand corps effondré dans la flaque.

Quand il se redressa, chancelant, bar­bouillé de rouge et de noir depuis les pieds jusqu’à la tête ainsi qu’un dieu indien dans sa peinture de mort, le vit encore raide, quelques poulpes collés ça et là sur sa peau, il était vraiment épouvantable et magnifi­que.

Voilà ! dit-il ; c’est avec de la sauce et quelque garniture qu’il faut me servir ces petites putains. Vous comprenez, mainte­nant, pourquoi je ne suis jamais arrivé à faire la moindre politesse à leurs appâts en dehors de chez moi.

Majestueusement, il nous quitta, suivi par Candida que d’une chiquenaude il avait appelée. Derrière les vitres, des congres serpentaient avec de lentes ondulations ; des poissons bleus s’acharnaient sur un infirme de leur espèce.
Je n’avais pas débandé depuis la fin du repas. Il était grand temps, me semblait-il,
de penser un peu à vider mes couilles. Dans cette louable intention, je saisis Viola, qui se branlait à côté de moi sur le bord du bassin. Quant à la jeune princesse, je savais trop peu les liens qui la pouvaient unir au propriétaire de Gamehuche, que pour rien au monde, naturellement, je n’aurais voulu rendre jaloux ; d’ailleurs la mulâtresse me plaisait davantage. Mais celle-ci, qui venait de bien s’envoyer en l’air, haletante, me repoussa courtoisement.

Je suis toute à toi, me dit-elle, tu le sais, mon bon frère ; mais la bête a tellement mouillé qu’elle est fourbue. N’aurais-tu pas envie, plutôt, de cueillir le dernier pucelage de cette jolie poulette ? Il lui reste la bouche…

Telle proposition, inutile de le souligner, comblait mes vœux. On tira Michelette du bassin que l’on recouvrit, après y avoir rejeté quatre ou cinq poulpes qu’elle avait encore sur les jambes ou qui rampaient au bas des aquariums. L’enfant parut dans cet état d’amoindrissement et de langueur qui est la suite ordinaire des accès frénétiques : son air hagard, son regard idiot, son teint livide, un tremblement continuel, des souillures d’encre et de sang comme sur le corps de son bourreau, tout en elle, je peux l’avouer, me la rendait terriblement excitante.

A genoux, sagouine, lui dit Luna qui décidément, dans l’ordre de la débauche, avait à Gamehuche fonction de maître de cérémonies (et elle se branlait sous sa robe en parlant), ouvre bien la bouche. Et si tu as le malheur de mordre M. Balthazar ou de recracher la moindre chose de ce qu’il va lâcher dans ta gorge, je te remets tout de suite dans le trou aux pieuvres, et tu y restes toute seule. On viendrait prendre tes os demain matin.

Le nègre Publicola fut chargé de tenir pour moi la petite fille entre ses jambes, la forçant à s’agenouiller en lui tordant les bras derrière le dos. Sombre porc, il bandait ferme, et à petits coups de reins il frottait sa grande verge sur la nuque de l’enfant. L’Al­lemande et Viola se branlaient l’une l’autre, assises sur le grillage aux meilleures places pour ne rien perdre de mon opération.

Je pris la tête par les cheveux — platinés dérisoirement et coupés, l’ai-je dit ? à la Jeanne d’Arc — et je vexai les yeux d’une correction fort bien administrée au moyen de ma pine qui, pour le volume et pour la dureté, n’avait rien à envier au bâton d’un maréchal de France (ou d’ailleurs). Si congestionné même apparaissait l’engin que je n’osai prolonger trop mon amusement — pourtant d’un goût délicat — dans la crainte d’une décharge précoce. Le visage de la patiente, tuméfié rudement par les morsures du gros poulpe, ouvrait à hauteur de mon bas-ventre, comme devant les outils d’un dentiste, une bouche à tout résignée ; et pointait rosé un petit bout de langue. Alors, sans plus attendre, j’irrumai brutale­ment.

Calice, que de suavité ! Mon seul regret est de n’avoir su besogner plus long­temps l’ingénue, qui endiguait sans se plain­dre (et pour cause !) le travail dont je lui remplissais le gosier avec un élan à défoncer la glotte et à élargir définitivement le larynx. Presque tout de suite, hélas ! je déchargeai, écrasant contre moi le visage qui cherchait en vain à se dérober, tirant à les arracher par poignées les cheveux pâles, mortifiant de pincements les oreilles. Le saucisson noir de Publicola, au même instant, sur la nuque et sur les épaules, faisait couler un torrent de foutre. Épais et chaud, le sperme du grand nègre avait un fumet de sauvagine qui était presque insoutenable.

Avale bien tout, dit Luna, penchée vers notre groupe et que le doigt de son amie faisait écumer, sûrement, comme un lima­çon des vignes. Gare à toi si tu en laisses une goutte.

D’un effort que certains jugeront héroï­que, l’enfant avait obéi. Je me séparai d’elle,apaisé, mais taché largement, moi aussi, de sépia.

La maladroite catin, cria l’Allemande, dès qu’elle eut remarqué sur mon vêtement ce qu’y avait mis le contact de la victime. Perdra-t-elle jamais cette habitude de se frotter aux gens pour les salir ? Elle a mérité d’être punie pour de bon, cette fois. Allons, vous deux, conduisez-la dans la salle à manger et attachez-la par terre aux anneaux de chiennerie.

Gracchus et Publicola reprirent posses­sion de la petite fille, hébétée trop pour trouver encore des larmes. Montorgueil cepen­dant, nous avait rejoints, nettoyé et rhabillé par les soins de Candida, poudré blême, parfumé, peigné à grandes vagues.
Salauds, nous dit-il élogieusement, vous avez foutu sans moi…

(à suivre)

Comments are closed.